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Ne subissez pas, agissez !
 

Avec François-Henri Pinault, nous vous adressons cette modeste exhortation, qui propose des pistes, appelle des réactions de votre part, et cadre l’intervention du Premier Ministre prévue pour le 12 novembre.


Parce que le diagnostic économique est sans appel. Pourquoi sommes nous confrontés à un ralentissement extrêmement brutal, que nul n’avait prévu ? Je vous propose d’en rechercher les raisons, non pas dans les évènements du 11 septembre ou les menaces de guerre contre l’Irak, mais dans la dynamique, qui commande l’investissement des entreprises et la consommation des ménages.

1- EN REDUISANT BRUTALEMENT L’INVESTISSEMENT, LES ENTREPRISES ONT ASSECHE LES MARCHES

Depuis deux ans, anticipant une chute de la consommation liée à l’éclatement de la bulle Internet, les entreprises ont réduit leurs investissements de façon brutale. Or ces lignes d’investissement se traduisaient habituellement par des commandes effectuées auprès des prestataires de services et des industriels. Dès lors, voyant leurs débouchés se réduire, les fournisseurs ont lancé à leur tour des plans de restructuration. Et cette implacable spirale s’est mise en marche alors même que la consommation des ménages, selon toutes les statistiques disponibles, n’avait pas baissé d’un micronième de millimètre. Il fallut presque deux années pour que les ménages, inquiets pour leur emploi, réagissent à leur tour, en augmentant l’épargne et en annulant les dépenses, qui n’étaient pas jugées indispensables. Ainsi, ce n’est pas la baisse de la consommation qui conduisit les entreprises à réduire leur investissement, c’est bien l’effondrement de l’investissement qui a finalement atteint et bousculé la consommation. Une somme de décisions individuellement rationnelles nous a plongé dans une situation globalement absurde.

Dans le domaine des télécommunications, le mécanisme est encore plus évident. L’éclatement de la bulle, a provoqué un effondrement des titres des opérateurs, qui durent inscrire dans leurs comptes des pertes pour dépréciation sans précédent, alors même que la plupart d’entre eux présentaient des résultats d’exploitation - et des cash flows - très satisfaisants. Désormais entravés par leurs ratios d’endettement, et par l’attitude irresponsable des pouvoirs publics de certains Etats européens, ces mêmes opérateurs freinent brutalement leurs projets d’investissement, et assèchent le marché des équipementiers. A leur tour, accusant un effondrement drastique de leurs débouchés, ces derniers sont contraints de réduire par deux leur capital humain.

Alors que reste-t-il à faire ? Se jeter dans la Seine ? Le ralentissement brutal de l’économie est dû à un mécanisme, dont nous sommes collectivement responsables et individuellement les victimes. Comme l’écrivit il y a presque un siècle l’économiste Autrichien Von Mises, "les phénomènes collectifs sont le résultat non désirés d’actions volontaires".

Tautologique ? Oui, mais remplis de bon sens. Parce que dans l’économie occidentale, quels revenus reposent sur les besoins liés à la subsistance ? L’eau courante sûrement, l’agroalimentaire, l’électricité, mais pas l’automobile, ni les médias, ni le conseil. 85% des emplois reposent sur des offres non vitales et 25% de la richesse nationale est renouvelée chaque année.

2- NOUS AVONS TOUT DANS NOS MAINS, NOTRE BONHEUR ET NOTRE MALHEUR

Nous tenons notre avenir dans nos mains. Individuellement, notre influence est limitée, mais collectivement nous pouvons tout changer. D’abord, et tactiquement, les entreprises doivent investir de nouveau, dans leur propre intérêt. Il suffirait que l’investissement reparte, ne serait-ce que dans une proportion infime, pour que l’économie tout entière reprenne la voie de la croissance. Ce n’est pas keynésien, ce n’est pas néo-libéral....C’est tout simplement du bon sens. Mais ensuite, et immédiatement, il faut repenser notre façon d’agir, ainsi que l’univers mental dans lequel nous évoluons. Voici quelques pistes que nous développerons ensemble :
- Il n’existe pas de marché européen véritable, créons le ! Prenons l’exemple de l’Industrie informatique, logiciels et hardware. A l’exception de SAP, quels sont les grands succès européens ? Le TO 7 de Thomson, Alice de Matra, Bull ? Où sont les Microsoft, les Intel, les HP italiens, français, allemands ? L’industrie du cinéma est pire ncore. Les années 60 regorgeaient de co-productions, n’importe quel européen pouvait citer des stars du cinéma continental : Gassman, Delon, Jurgens, Schneider, Ventura, Niven...Aujourd’hui, les façades des cinémas regorgent de films américains, Cruse, Lopez, Clooney, Robin Williams. Mais qui peut citer un acteur italien, allemand, espagnol ? Ce qui est vrai dans l’informatique et le cinéma se vérifie dans la plupart des activités. L’économie ne se limite pas à la monnaie et il est temps de créer un immense espace européen ouvert à l’entrepreneur et à tous ceux qui veulent créer. Explosons nos cerveaux des limites culturelles de nos tout petits pays.
- Créons une culture entrepreunariale. Depuis 25 ans, le taux de croissance américain représente le double du taux de croissance européen, et le PIB par tête est actuellement de 40% supérieur, avec pour conséquence mécanique un taux de chômage deux fois moins élevé. Les Européens créent moins d’activités que les Américains. Développons une véritable culture d’entreprise, avec un enseignement dédié dans les programmes scolaires et une grande campagne continentale pour motiver la création.
- Finissons-en avec les analystes et les gourous. La parole publique appartient à celui qui crie le plus fort. Je pense ici aux analystes et aux spéculateurs, qui ont entretenu la bulle avant de la crever, et ont plongé le balancier jusqu’au fond. Sans la moindre pudeur, ces personnages - dont la plupart n’ont jamais géré la moindre entreprise - ont nié le lendemain les positions surréalistes qu’ils tenaient la veille. Marqué par un grégarisme sans équivalent, le monde financier applaudissait, feignant de croire leurs prédictions. Mais ne sommes nous pas coupables, qui leur avons laissé le monopole de la parole légitime ? Créons une structure, composée de personnalités incontestables, qui publiera des positions claires et réfléchies sur les perspectives économiques des différents marchés, sans compromission avec comme seul guide le bon sens.
- Identifions les relais de croissance En 1993, à l’issue d’une longue période baissière, l’économie française était entrée en récession. Il a fallu l’arrivée d’Internet pour relancer l’activité, sur un trend de croissance que l’Europe n’avait pas connu depuis 25 ans. Aujourd’hui, la locomotive Internet a cessé de remorquer les wagons. Identifions les nouveaux axes de développement, lesquels - je vous le parie - ne seront guère éloignés de la communication et des technologies. Publions les success stories, elles sont nombreuses : ce que fait Maupu chez Darty, Wathier à la SNCF, Barbant chez Lafarge, Etienne chez Eurotunnel, Lajugie de la Renaudie chez Klockner...Un Français qui fait des miracles chez un distributeur allemand d’équipement.

Tout ceci est bien péremptoire me direz vous.

C’est la raison pour laquelle je vous propose de réagir :
- 1- en vous exprimant sur le forum que nous créons à cette occasion, et auquel vous pouvez accéder à l’adresse suivante : http://www.ebg.net/evenements/agir.php
- 2- en participant à la soirée du 12 novembre. Vous êtes déjà plus de 700 professionnels à vous y être inscrits, mais nous sommes prêts à élargir les murs.

Nous commencerons par évaluer les perspectives des grands marchés mondiaux. Pour en débattre, cinq dirigeants de grandes entreprises :
- Christophe AULNETTE, Directeur Général de Microsoft France, qui finance la soirée
- Jean-Louis BEFFA, Président de Saint-Gobain
- Jean-Marie COLOMBANI, Président du groupe Le Monde
- Gilles PELISSON, Directeur général de Bouygues Telecom
- Serge WEINBERG, Président du Directoire de PPR

Au cours de ce débat, nous poserons les vraies questions :
- L’effondrement des valeurs boursières écrase-t-il l’économie réelle ?
- Comment restaurer la confiance dans l’avenir, et relancer l’investissement des entreprises ?
- Internet, et la téléphonie mobile pourront-ils créer des perspectives nouvelles, capables de relancer l’activité ?
- Quelles mesures le Gouvernement peut-il prendre pour aider l’économie marchande ?
- Quelles sont les marges de manœuvre de la France dans un univers globalisé ?

A l’issue du débat, Jean-Pierre RAFFARIN, prononcera une allocution au cours de laquelle il annoncera les dispositions prévues dans la prochaine loi sur l’économie numérique. Puis il rejoindra la table ronde, prendra part aux échanges, et répondra aux questions.

Les horaires sont les suivants : 17H30 : Accueil du Public 18h30 : Débat 20H00 : Allocution de Jean-Pierre RAFFARIN 20H30 : Cocktail dînatoire Le lieu : la salle Wagram, 39 avenue de Wagram, 75017 Paris.

Ne restez pas silencieux, ne restez pas immobiles. Nous ne sommes pas nés pour subir, mais pour penser et pour agir.

JéM
www.parigones.net
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