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Histoire de Lyon - Introduction
 

A partir d’aujourd’hui, nous publierons ici régulièrement un petit morceau d’histoire de la ville de Lyon.


Au moment de prendre la plume pour commencer ce tableau de la "grande et aimable" ville de Lyon, selon l’expression de Michelet, on se sent pris malgré soi d’une hésitation involontaire.

On a dit de l’histoire de France qu’elle devait être écrite en un ou en cent volumes. Ainsi, pour décrire Lyon, il faudrait la concision de quelques pages ou le développement de plusieurs volumes.

Pas une cité ne présente un caractère plus complexe, pas une population ne mérite une étude plus attentive. Lyon est une nation dans la grande patrie : il a ses fastes glorieux et ses annales héroïques, ses légendes et ses aventures douloureuses ou sublimes.

Ses monuments sont des pages d’histoire : chacune de ses rues, de ses places, a été le théâtre de quelque grand fait, et sur les pavés de ses avenues, on peut retrouver les traces de tout un passé de luttes et d’efforts : traces, hélas ! trop souvent sanglantes, rappelant l’éternel combat des déshérités contre les oppresseurs.

Il sera donné à notre époque d’éteindre à jamais ces souvenirs : pour la première fois peut-être, la noble cité du travail respire librement, largement. La grande voix qui s’élève des hauteurs de la Croix-Rousse salue avec joie l’oeuvre nouvelle. L’effort pacifique succède aux antagonismes irritants ; le progrès recommence sa marche interrompue par les violences intéressées. Lyon se courbe sur son métier, et le travail qui, selon le mot du poëte, est la vraie prière de l’humanité, est en même temps le premier hommage que rend à la liberté la ville aujourd’hui confiante dans l’avenir.

De la célèbre devise révolutionnaire des Lyonnais, le premier terme subsiste seul : Vivre en travaillant ; et ces trois mots résument les aspirations les plus honnêtes et les plus respectables de cette énergique population.

Le travail est ici le fait dominant ; et justement en raison de cette spécialité, Lyon offre au penseur un exemple presque unique de ce que sont les illusions, les déconvenues, les convoitises, les triomphes, les défaites de ceux qui ne vivent que pour et par le travail.

A Lyon, tout procède de l’effort que les Anglais ont si bien caractérisé par ce mot : The struggle for life, la lutte pour la vie. Le point caractéristique, topique des Lyonnais, est celui-ci : "Travailler le plus possible, aux meilleures conditions possibles, mais avec cet objectif : Vivre le mieux possible".

Voyez les tisseurs, les fameux Canuts, comme on les appelait jadis : ils travaillent pour vivre, mais ce mot "vivre", ils l’entendent dans son acceptation véritablement pratique et large.

Le tisseur gagne-t-il quatre-vingts francs dans une semaine ? Il les dépense. L’économie, l’épargne, sont morts pour lui. Cet argent, acquis aux prix d’un labeur opiniâtre, surmené, représente pour lui une certaine somme de jouissances dont il n’entend pas se priver en vue de l’avenir. Il n’est point de ceux qui renoncent au superflu sans se réserver même le nécessaire ; il rêve la vie relativement complète, satisfaite.

Type curieux qui est un enseignement. Se fatiguer, volontiers, mais se réparer. L’ouvrier lyonnais a la franchise de sa théorie. S’il n’a rien, il accepte toutes les privations. S’il a, il les rejette toutes. Il entend se payer ce que son argent peut lui donner.

Mais je m’arrête, ces observations devant trouver meilleure place au courant de cette rapide étude. J’ai voulu cependant établir tout d’abord que Lyon était une ville type, ce dont bien peu se doutent, y compris les indigènes. Et maintenant, sans autre préambule, j’entre de plein pied dans mon sujet.

A suivre...


Jules Lermina

(1839-1915)

Cet homme de lettres a eu une production importante - et dans des registres très variés - tout au long d’une carrière marquée également par de forts engagements politiques en faveur de la république et du socialisme.

Au chapitre de la littérature populaire, Lermina (qui utilisait souvent le pseudonyme William Cobb) est l’auteur de romans comme Calvaire d’amour ou Le Coeur des femmes, Les Loups de Paris ou Les Mystères de New-York. Le versant politique de son oeuvre comprend entre autres Fondation de la République française 1789-1848-1870, histoire de cent ans ; La France martyre, documents pour servir à l’histoire de l’invasion de 1870 ; Histoire de la misère, ou le Prolétariat à travers les âges ; A MM. les propriétaires : plus de loyers (1870) ; Vive la République ! histoire d’un gamin de Paris, 1848-1851-1871, etc.

Lermina s’est également penché sur les problèmes de fonctionnement du marché international de l’édition et des droits d’auteur, rédigeant un Rapport sur la nécessité de centraliser au Bureau international de Berne l’enregistrement des oeuvres littéraires, artistiques, musicales, etc., ainsi qu’une étude Du "Copyright" aux États-Unis.

Dans le domaine des suites apocryphes, Jules Lermina est l’auteur de l’ambitieux Fils de Monte-Cristo, ainsi que de sa suite (publiée anonymement) Le trésor de Monte-Cristo. Deux livres où l’on retrouve d’ailleurs les convictions politiques de l’auteur, à travers son interprétation du personnage de Dumas, transformé en héros de la cause des peuples opprimés. Comme bien des écrivains populaires de son époque, Lermina a également écrit une suite apocryphe aux aventures de Cyrano, Amours et aventures de Cyrano de Bergerac.

JéM
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