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Chronique d’une grève impromptue
 

Mardi 13 mai, 8 heures du matin. Nous le savions depuis deux semaines. Nous y étions maintenant. Tous les RV initialement prévus dans la journée avaient été reportés en prévision de l’événement attendu pour ce jour-là : la Grève.


L’agenda de la journée ainsi réduit souleve alors la question existentielle suivante : « Mais que vais-je faire toute la journée dans cette tour désertée par ses collaborateurs et par les clients ? ». Du vélo naturellement. En tout cas pour rejoindre mon lieu de travail.

Profitant de cette opportunité cycliste, j’enfile donc jeans, tee-shirt et pull-over pour aller au bureau. Aujourd’hui, les codes vestimentaires n’ont qu’à bien se tenir. C’est « à la guerre comme à la guerre ». Le PC portable dans mon sac à dos, mais là pas de changement avec le quotidien. Lunettes de soleil sur le nez, ventoline dans la poche en "cas où" et je me jette sur la selle.

Ma mission de la journée : rallier le Canal Saint-Martin à l’esplanade de la Défense sur 2 roues (et sans moteur). Passer par le rue de Turbigo. Prendre Etienne Marcel. Passer à proximité de la place Vendôme puis derrière la Madeleine. Obliquer un peu vers Saint-Augustin. Les trottoirs du boulevard Hausmann pour rejoindre l’avenue d’Iéna (la partie la plus difficile puisqu’en côte). Arrivée haletante à l’étoile que l’on contourne par la rue de Tilsitt pour éviter les pavés et les véhicules fous de la place circulaire. La grande récompense de la « ballade » : descendre en roue libre l’avenue de la Grande-Armée.

On frôle ensuite le Palais des Congrès et droit à travers Neuilly. Un crochet pour prendre le pont du même nom sur le trottoir en compagnie des piétons. Je ne suis quand même complètement cinglé au point de prendre le pont entre les poids-lourds et la rambarde en béton haute de 50 cm qui sépare la chaussée du trottoir. Après ce bref slalom au rapport de forces inversé, j’attaque l’esplanade par la petite passerelle menant du quai au niveau des "buildings". La dernière « ligne droite » au gré des différents plans inclinés qui m’amènent jusqu’à l’immeuble Cœur-Défense - but ultime de mon périple « professionnel » et urbain.

J’accroche mon vélo sur ce qu’il reste de grilles disponibles au pied de la tour. Outre les titres des quotidiens, c’est à cette émergence soudaine de forêts de vélos "morts" que l’on reconnaît les symptômes de la grève des transports.

La journée se passe à scruter le ciel de mon 30ème étage climatisé pour me préparer psychologiquement à un éventuel retour sous la pluie… Un orage dans l’après-midi m’apprend à atteindre une quiétude bouddhique seule capable de me faire supporter cette incertitude climatique et détestable. Finalement grâce aux vents d’ouest que la Normandie a jugé bon de nous envoyer, les nuages deviennent plus vite souvenirs que mes crampes du matin. La fin de la journée arrive en compagnie d’un joli soleil mordoré.

19 heures. Me revoilà sur les dalles de l’esplanade, prêt à affronter le bitume. Une heure après, je pousse mon noble destrier mécanique - plus en forme que jamais (mon destrier bien sûr, pas moi) - dans l’ascenseur de mon immeuble. Pas mécontent de mon effort entre pollution et agressions automobiles. Et je m’écroule dans mon fauteuil dans le journal télévisé qui me parle de ... la grève.

Demain, je vous raconterai comment mercredi m’a permis d’utiliser 4 moyens de transports pour rallier le quartier d’affaires de l’ouest parisien : 2 heures et demi, la ligne 11 sur 4 stations, une correspondance qui ne vient pas, le bus 69 entre Châtelet et Palais-Royal puis trois charitables automobilistes successifs et enfin mes pieds de Neuilly à la Défense, la dernière partie - il est vrai - en compagnie de deux charmantes compagnes de traversée rendues comme moi à leur condition improbable d’auto-stoppeuse citadine.

Comme quoi, la grève n’a pas que de mauvais côtés...

JéM
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