à Paris
  News des Membres
Les Lyonnais à Paris
Sites "Amis"
Lyonnais connus
Photo Gallery
Revue de Presse
La Boutique
  Autres sports
Olympique Lyonnais
PariGones FC
Tout le reste du foot
Autre sport : Rugby
Autre sport : Basket
  Restaurants Lyonnais
Soirées
Théâtre et humour
Cinéma et TV
Bandes Dessinées
Arts Plastiques
Musique & Concerts
Gastronomie
Apéros & Afterworks
  Histoire des Lyonnais
Economie
Juridique
Littérature
Politique
Humanisme
Société

 
Accueil > Divertissements > Musique & Concerts
 

Biolay, Benjamin
 

Originaire de Villefranche sur Saône, d’un père clarinettiste et d’une mère au foyer, c’est dès son plus jeune âge, que Benjamin Biolay découvre la musique, notamment grâce au violon qu’il pratique au conservatoire de Lyon.


Déjà passionné, il ne tarde pas à découvrir les grands de l’époque, comme Lennon, Trenet, les Punks ou encore Igor Stravinski et décide de troquer son violon contre un tuba, puis un trombonne.

L’année suivante, il décide de monter son propre groupe HRS (Haute Résolution Sadique) dont il écrit le répertoire.

A l’âge de 20 ans, Benjamin quitte de plus en plus souvent le Conservatoire, pour les studios de Bruxelles et de Paris, où il compose et enregistre à tour de bras.

C’est à cette occasion, qu’il rencontre la jeune chanteuse française Keren Ann, avec qui il compose alors le fameux Jardin d’hiver pour Henri Salvador, qui lui rapportera une Victoire de la Musique en 2001.

La même année, Benjamin Biolay enregistre un premier album Rose Kennedy, retraçant alors l’histoire d’une famille unique et d’une tragédie universelle...

En 2002, Benjamin atteint la consécration en recevant la Victoire de la Musique du Meilleur Album Découverte pour Rose Kennedy.


Discographie commentée par ANTOINE MONDOR de ZOOMRANG.COM

1... 2... 3... : guitare !

Au premier kilomètre

J’ai baissé la vitre...

Puis j’ai pris la fuite...

J’ai mis des cassettes....

Billy Bob a raison :

« Les gens c’est tous des cons. »

La road song qu’est Billy Bob et qui ouvre le premier volet de Négatif est formellement plus que jolie. Toute en guitare et dobro, elle sent, comme tout l’album d’ailleurs, le désert, le grand large sans la mer.

La vieille Chrysler.

Se jouant des virages de ses courbes rutilantes, elle a en apparence à tel point tout pour plaire que pour un peu l’on s’y laisserait prendre, se laissant plus que volontiers prendre en stop par Benjamin Biolay sans se poser de questions.

Billy Bob a raison, les gens c’est tous des cons, filons gaiement vers l’horizon ?

Non. Les gens ne sont évidemment pas tous des cons.

Par contre si : prétendre le contraire est bel et bien l’une des pires conneries de la Terre.

Alors quoi ? On va où là ?

On chante n’importe quoi et en plus, sous les samples de Little Darlin’, on remet ça ?

J’ai ma devise

J’ai mon diction dit-on

Les gens c’est tous

De sacrés cons

Je sais, je sais, il y a « dit-on », mais quoi qu’il en soit non, bien sûr que non : Biolay Benjamin et Bob Billy b ont beau partager les mêmes initiales, loin de moi l’idée de songer que le premier puisse donner raison au second.

On l’aura compris, surpassant Gainsbourg et son Gainsbarre ou Renaud et son Mister Renard, Biolay, privé d’une seconde saga Kennedy derrière laquelle se planquer, s’est à son tour inventé non pas un mais toute une série de doubles, qui tour à tour chantonnent leur histoire au fil du premier volet de Négatif.

L’exercice, de haute voltige et exécuté avec un rare brio, ravira les amateurs du genre : je n’en suis, honnêtement, pas, étant davantage sensible aux ACI qui se chantent sans pudeur ni personnage(s).

Mais j’ai tout de même suivi BB dans sa Chrysler jusqu’au bout de sa route 666 sic. Sagement assis à ses côtés, j’ai regardé devant et tout autour, sans pouvoir m’empêcher de jeter parfois, à la dérobée, un oeil sur le chanteur masqué.

Au fil du ou des personnages, donc, bien des paysages y sont passés. Toujours la lumière était belle, même si ce qu’elle donnait à voir me laissait souvent émerveillé par la forme, certes, mais sans guère d’émotions au fond.

Séduit par la pénombre des Pays-Bas.

Touché par l’incursion hors la vie de BB, prolongée jusque dans ses nuits blanches, si bellement peuplées :

Dans mes nuits blanches

ll y a des Comanches

Des kamikazes et des terroristes

Dans mes nuits blanches il y a des Apaches

Des natures mortes et des chansons tristes

Dans mes nuits blanches

Il y a des avalanches

Et des skieurs qui font du hors piste

Dans mes nuits blanches

Les photos de vacances

Sont les seuls souvenirs qui subsistent

Plus loin, plus loin encore : admiratif devant l’alliage nostalgico-pop de la Chaise à Tokyo, affolé par cette autre, électrique, indirectement évoquée au fil des samples de Little Darlin’, mais toujours sans émotion au fond, malgré la puissance mélodique et la superbe arrangementale de nombreux titres, dont l’inattendue guitaresque Je ne t’ai pas aimé.

Plus loin, plus loin encore, jusque dans ces souterrains peuplés de glory holes une fois lesquels passés, bizarrement, BB a semblé lever le pied, ayant peut-être enfin, à être finalement allé plus loin encore que Saint-Gainsbourg n’avait osé le faire, pris le sien à plein ?

Quand soudain presque humain il s’est mis à chantonner La vanité, j’ai presque cru qu’il allait se démasquer mais non. Il s’est tu et s’est remis à zigzaguer sur une belle jazzerie sixtisante pour enchaîner, après un ultime virage en épingle à cheveu, par une Negative Folk Song à son tour coupée net par une toute aussi inattendue que bienvenue ritournelle sur fond de boîte à musique.

C’est là, alors que je ne l’espérais plus, que je l’ai vu. Couper le moteur. Descendre de la Chrysler. Bref : arrêter son cinéma.

Et s’éloigner en chantant encore moins fort qu’il sait pourtant si bien le faire, d’un air détaché, enfin presque attachant :

Soit dit en passant

D’un ton plaintif

Je suis un enfant

Si craintif ...

Mort ou vif je reste négatif

Puisque tout fout le camp

Et il l’a foutu, le camp.

Il était exsangue mais Billy Bob, lui, était-il mort et surtout enterré, comme on pouvait l’espérer, aux côtés des autres doubles de Benjamin Biolay ?

C’est pour le savoir que j’ai posé sur la platine le disque 2 de Négatif.

Merci à ANTOINE MONDOR qui conclut en disant à propos du dernier album de Benjamin :

Comme avec Rose Kennedy, Benjamin Biolay signe avec le premier disque de Négatif un CD très au-dessus de la production française moyenne actuelle... par la forme.

L’évolution musicale et arrangementale est nette : plus guitare que son prédécesseur, moins balnéaire et plus terrien pour reprendre à peu de choses près les propos de l’artiste, ce premier volet de Négatif est aussi plus varié, inventif, intriguant, envoûtant, par la forme toujours.

Le seul hic de cette sucession de chansons tristes étant qu’à aucun moment, hélas, l’envie de pleurer n’est la plus forte.

On en pleurerait presque d’ailleurs tellement tout cela, autrement, est magnifique.

Souvent magistral, même.

Fiche de l’album de BENJAMIN BIOLAY

Négatif - Disque 1

Avril 2003

- Billy Bob a raison
- La pénombre des Pays-Bas
- Hors la vie
- Nuits blanches
- Chaise à Tokyo
- Je ne t’ai pas aimé
- Little Darlin’
- Des lendemains qui chantent
- Chère inconnue
- Glory Hole
- La vanité
- Negative Folk Song / Boîte à musique
- Négatif
- Exsange

- Paroles et musiques : Benjamin Biolay Sauf La pénombre des Pays-Bas (Biolay/Biolay-Keren Ann)

- Réalisé par Benjamin Biolay

D’autres informations sur les albums de Benjamin sur ZOOMRANG.COM

JéM
www.parigones.net
© Parigones - clabdesign