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L’association Hippocampe
 

Association fondée par des étudiants de l’Université de Lyon pour lutter contre le négationnisme, Hippocampe vient d’avoir eu une initiative louable de plus en organisant des visites du souvenir dans les rues de Lyon.


Créée en décembre 1993, dans la foulée de l’affaire Notin, l’association Hippocampe, du nom de la forme de la partie du cerveau où siège la mémoire, se donne un devoir de vigilance face aux dérapages de l’extrême-droite à l’université Lyon III et se fixe un but culturel d’organisation de conférences.

"En tant que citoyens, nous devons être attentifs à cette question, en tant qu’étudiants, il nous importe d’essayer de restaurer l’image de l’université. D’autant que l’extrême-droite à la fac, c’est vraiment une minorité." explique Pierre-Jérôme Biscarat.

Extraits d’un Interview réalisé par Lyon capitale :

Vous êtes l’un des fondateurs de l’association Hippocampe, qui lutte depuis des années pour démontrer la présence de l’extrême droite à Lyon 3. Est-ce que vous pouvez nous rappeler le contexte dans lequel vous avez créé cette assoc’ ?
- Pierre-Jérôme Biscarat : Nous avons fondé Hippocampe le 13 décembre 1993. Je venais de rentrer en maîtrise d’histoire et je suivais des cours de Capes. Lors d’une séance, Bernard Lugan qui nous donnait des cours sur l’Afrique, nous a recommandé de lire une revue d’extrême droite intitulée Enquête sur l’histoire. Il y avait déjà eu les affaires Notin, et Allard. J’ai commencé à me dire que ça faisait beaucoup, et j’ai décidé de fonder cette association avec des amis. Nous poursuivions deux objectifs. Premièrement : travailler à partir de documents, comme nous l’avaient appris nos profs en faisant un travail historique sur la présence de l’extrême droite à Lyon 3. Deuxièmement : affirmer nos valeurs par le biais de conférences. Il y avait donc un volet recherche et un autre culturel.

Concernant la recherche, comment étiez-vous organisés ?
- Nous étions trois : Hervé Soulignac, Florent Leduc et moi-même. À l’époque, il y avait une grosse montée du Front national et beaucoup de livres étaient consacrés à l’extrême droite. D’après les index, nous avons identifié les profs, et les indications biographiques nous ont orientés vers leurs œuvres. Nous achetions également la presse d’extrême droite comme National hebdo et Enquêtes sur l’histoire.

Pourquoi vous êtes-vous bornés à étudier Lyon 3 ?
- Parce que c’était la seule fac avec une telle concentration de gens d’extrême droite. En 1992, l’université comptait cinq membres du conseil scientifique du Front national. C’est un record.

Est-ce que cela fait de Lyon 3 une fac d’extrême droite ?
- Jacques Goudet a fait rentrer toute l’extrême droite, lorsqu’il était président de 1979 à 1987. Mais par la suite, il y a eu d’autres recrutements suspects, comme Pierre Vial en 1996, et Lugan. Jacques Marlot venait de passer quinze ans en Afrique du Sud, quand il est arrivé à Lyon 3. La moindre des choses, c’est de faire attention en lisant "Afrique du Sud", surtout quand il y a des antécédents. Au lieu de ça, l’administration a toujours signé des deux mains. Seul le recrutement du néo-nazi Goulven Pennald n’a pas pu se faire grâce à une intervention de Michel Noir. Ce type a quand même écrit qu’Adolf Hitler était le plus grand homme du XXe siècle.

Auparavant vous disiez que l’extrême droite était une minorité active. Vous avez changé de discours ?
- (Solennellement) L’université Jean-Moulin est une université d’excellence. La grande majorité des enseignants et des étudiants sont bien. Par sa complaisance avec l’extrême droite, le président Guyot, comme ses prédécesseurs, la traîne dans la boue.

...//...

Aujourd’hui, l’extrême droite est-elle toujours aussi présente à Lyon 3 ?
- L’université compte une vingtaine d’enseignants d’extrême droite mais ils se font beaucoup plus discrets. L’affaire Notin a été une crise, et puis il y a eu la claque de l’IEIE. Toutefois, on retrouve à travers ces profs toutes les composantes de l’extrême droite française. Et ce ne sont pas des militants à la petite semaine mais plutôt des leaders. Jean-Paul Allard est par exemple le président de Synergie européenne. Pierre Vial est un cadre du MNR. Jacques Marlot, prof en info’ com’ à Lyon 3, est président du Grece, le noyau de la nouvelle droite. Il y a également des électrons libres comme Bernard Lugan. Celui-ci, et j’assume ce que je dis, est clairement lié à des réseaux d’extrême droite. Il écrit dans la revue Terre et peuple et en 1985, il a été le président de jury d’une thèse antisémite, celle de Abdelhamid Budoui. Ensuite en 1993, il a fait chanter La Coloniale, une chanson raciste, dans son cours. Aujourd’hui, loin d’avoir eu un blâme, il vient d’obtenir une promotion. C’est une véritable provocation ! Et ce n’est pas fini. Nous dénonçons également le recrutement d’Isabelle Rosay, qui fait partie de la Société internationale d’études indo-européennes. Elle a écrit dans la revue d’extrême droite Enquête sur l’histoire, et dans une revue néo-païenne qui s’appelle Antaïos. Son mari, Jean-Pierre Graziot, a été arrêté le 21 février à Nancy pour avoir distribué des tracts racistes.

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Pour vous, un professeur d’extrême droite n’a pas le droit d’enseigner ?
- Si, mais il ne doit pas développer ses thèses pendant ses cours. Gilles Guyot clame que s’il constatait le moindre manquement lors d’un cours, il saisirait le conseil disciplinaire. Qu’en dites-vous ? Bernard Notin n’a pas été condamné parce qu’il faisait de la propagande dans ses cours. Mais parce qu’il a écrit des propos antisémites, racistes et négationnistes. On peut donc attaquer sur les publications.

Propos recueillis par Grégory Fiori pour Lyon Capitale

JéM
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