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Jacques Deray, un Lyonnais au paradis du Cinéma
 

Terrible été. Ce n’est pas le titre d’un film mais l’annonce de la disparition d’un Lyonnais de marque : Jacques Deray. Dans son livre "Album de Famille des Lyonnais", Christine Goguet avait réalisé en 1995 une interview compléte de ce grand réalisateur.


« Borsalino », « La Piscine », « Un Papillon sur l’épaule » … Autant de chefs d’œuvre mettant en scène un talent reconnu… Celui du réalisateur Jacques Deray. Un regard brillant qui promène sur le quotidien une curiosité déroutante, Jacques Deray cultive l’ambiguïté et reste un personnage énigmatique. Son décor favori, il l’a planté ici, au cœur de la cité du secret et du mystère. A son image.

Après quelques recherches infructueuses, il s’avère qu’on ne trouve pas la trace à Lyon de la naissance de Jacques Deray ?
- Ce qui me paraît logique car mon vrai nom, c’est Desrayaud. Lorsque j’ai commencé ma vie active comme comédien, j’ai enlevé quelques lettres : Deray était plus facile à retenir. J’ai regretté très souvent d’avoir changé de patronyme.

Vous êtes fils d’un industriel lyonnais ?
- Mon père s’appelait Charles et fabriquait des chaussures. Ma mère Odette était d’origine valentinoise. J’ai passé à Lyon, les dix premières années de ma vie. J’avais 5 frères et sœurs. Ma famille était très classique, peut être trop, ce qui m’a donné envie de me singulariser. On m’avait donné comme surnom « le canard » par référence au vilain petit canard.

Vous avez souvent dit que nous n’aviez aucune mémoire du passé. Même de votre passé lyonnais ?
- Je suis un homme du présent. J’oublie facilement même si le passé laisse des marques. Je suis né en février 1929. J’ai même retrouvé la lieu de ma naissance, rue de Sébastopol, devenue la rue Richerand. J’allais à l’école de la Tourpitra dans le 6ème. Je me souviens des ballades avec ma mère place Bellecour, de la gare des Brotteaux où nous rendions visite à ma grand-mère, les réunions du dimanche midi autour d’un bon déjeuner. Jusqu’à l’âge de 12 ans où je suis parti à Paris. Pendant la guerre, pour fuir l’occupation, nous sommes revenus vivre dans un village du Beaujolais, Poule.

Lyon vous ressemble ?
- Ma naissance et mon éducation feutrée m’ont donné le goût du secret et de la rigueur ; également cette volonté de paraître et d’être que l’on retrouve dans beaucoup de villes de province. A Lyon, l’adultère se consomme… derrière les volets.

Votre véritable nature est plutôt réservée. Pourquoi avoir choisi, en contradiction, de devenir d’abord comédien ?
- Le spectacle me fascinait : j’avais envie de faire quelque chose de totalement différent de ce que j’avais connu dans ma famille, de sortir de mon coté renfermé et de m’exposer. J’ai fait le cours Simon, puis j’ai joué des petits rôles avec Martine, Carol, Bourvil, Bardot… Et je me suis très vite aperçu que je n’étais pas être en pleine lumière. Pour être comédien, il faut avoir une bonne dose d’égocentrisme, avoir confiance en soir… J’ai préféré retourner dans l’ombre.

Vous avez été l’assistant de Luis Bunuel, Gilles Grangier, de Jules Dassin, avant de devenir metteur en scène ?
- J’aimais écrire, me raconter des histoires. Ma référence, c’est le plaisir du spectateur, ce que je suis resté. L’émotion me gagne devant un film de Chaplin comme devant « Pretty Woman ».

Quand avez vous eu envie de revenir à Lyon ?
- A partir de 1991, j’ai eu besoin de retrouver mes racines. Peut être à la suite de la disparition de ma mère. J’étais venu tourner quelques jours entre Rhône et Saône en 1962 « Symphonie pour un massacre » avec Jean Rochefort. J’organisais les premières de mes films à Lyon par respect et pour le plaisir, comme « Trois hommes à abattre ». Mais là, j’ai eu besoin de me considérer comme un revenant, en endossant le pardessus de Louis Jouvet dans … « Le Revenant ». En redevenant Lyonnais à part entière. J’ai alors pris la décision de tourner à Lyon « Un Crime » avec Alain Delon. C’est en 1986 que Bertrand Tavernier, qui fut un temps donné mon attaché de presse, m’a demandé de l’épauler à l’Institut Lumière, comme administrateur.

Que représente pour vous l’Institut Lumière ?
- Au départ, il s’agissait d’un petit insitut qui cherchait sa voie. Il est aujourd’hui essentiel pour le patrimoine de la ville de Lyon, berceau du cinéma. Je viens à Lyon fréquemment pour suivre cette action.

Il existe des lieux magiques à Lyon ?
- Les deux collines et les deux fleuves. Il faut des mois d’apprentissage pour savoir si vous traversez le Rhône ou la Saône… J’aime retrouver les restaurants « La Mère Brazier », toujours fréquenté par la famille, ainsi que « Le Passage », les hotels Carlton et Royal au charme suranné.

La ville idéale ?
- Lyon a aussi ses défauts : sur le plan culturel, on ne fait qu’y passer. Il y a des métiers comme le mien où la délocalisation est impossible. Lyon, c’est pour moi une métropole qui a conservé un air, un souffle de province. Ma ville avec laquelle je suis reconcilié.

Interview réalisée par Christine Goguet pour son livre « Album de Famille des Lyonnais » paru aux éditions Horvath.

JéM
www.parigones.net
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