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Biennale de Lyon : Frédéric Périmon
 

Dans le cadre de la Biennale des Arts Contemporain de Lyon, voici le portrait d’un des artistes exposés : Fréd Périmon et sa présentation intitulée "Personne ne remplacera Mike Brandt" au Modern’Art Café, à la Croix-Rousse.


Selon son site internet, Frédéric PERIMON a 40ans, vit et travaille à Sète. Depuis 1991,il propose en partage ses obsessions à travers toute une gamme de produits dérivés et pour le prix d’un simple objet d’art, vous offre en plus :
- une cristallisation policée de son chaos intérieur
- une affirmation claire à la face du monde du genre de personne que vous êtes .
- et bien sûr, un sujet de discussions passionnées et de muettes interrogations ...

Personne ne remplacera MIKE BRANDT

Rien que pour ce titre velouté, ironique comme le kitsch et pur comme le coeur transi d’une vieille fille nostalgique, Frédéric Périmon mérite sa place dans « Résonance », le parcours associé de la biennale. Pourtant, on a beau chercher : nulle trace de l’interprète de « C’est ma prière » dans ses sculptures suspendus, imbrications d’ustensiles « fashion » d’autrefois et d’indices sexuels détournés. La forme gironde d’une ancienne « Am 8 » côtoie des formes phalliques surgies de quelque science-fiction bédétisante. Notre plasticien sétois serait-il un fétichiste pétri d’humour spatiotemporel, à la recherche de sa Barbarella à résille ? Qui sait ? Ou plutôt qui saura, qui saura, qui saura..a..a...

Voici la recette des familles pour vous servir une bonne louche d’hommystique : mettez une pincée d’Andy Warhol, ajoutez un chouïa de Jeff Koons, et une sacrée dose de Marcel Duchamp ( Duchamp , son mentor jusqu’à l’overdose ) et vous obtenez un vrai bon Fred Périmon.

Fred va aux puces - dès que ça le démange, c’est-à-dire souvent - et fait le ménage autour de lui pour se dégoter le nec plus ultra de l’objet manufacturé. Cette tronche, cette caboche, se dit « constructeur ambigustriel », un homme sage qui fait accoucher l’objet réel d’objets fictifs. Fred Périmon se doit d’être une marque de fabrique avec tout ce que cela implique au préalable et sa signature fait foi de la véracité du pack Société Fred Récup. Ce qui semble prodigieux dans cette affaire de supercherie est justement cette prise du produit comme article de foi.

Manipulé par ce pointilleux maniaco-impulsif, l’article s’avérera objet inutile et véritable simulacre d’authenticité, d’où son ambiguïté. Ce Fred , non périmé, se dit excité par notre époque, captivé par sa vélocité, celle notamment de ses engins en tout genre et de leur plein fard. Des engins qu’il reproduit, de son imagination, en prototypes protéiformes carénés. De ce détournement de formes publiques, de ce fétichisme affiché ouvertement, affleurent trois thèmes principaux, à fleur deux peaux : la vitesse de l’objet aérodynamique, l’objet zoomorphe, et la femme-objet.

Fred a un goût immodéré pour la vitesse et tout ce qui roule pour lui amasse maousse. Tout ce qui a trait à l’égo ne lui est pas égal : la moto est à ses yeux un « costume », de soi. Ses machines sont des machins customisés, engins qui véhiculent sa pensée, conduite vers le sacré, dont le moteur vilebrequin vibre d’atomes axiomes arlequins. Mercure y est pour quelque chose dans tout cela ; ce dieu de l’air, dieu du commerce, dieu des menteurs ...un parfait démon que Périmon idolâtre, de l’astre, à l’air insignifiant, à la belle baby doll de nacre.

Fred Périmon, conscrutateur, se veut également un entomologiste dans l’âme. Après les grosses cylindrées, les sylphes aux ailes miniatures ; paradoxal non ? Peut-être. Ces pièces ont un point commun, l’objet bien sûr, et leur qualificatif surréalistorique. L’objectif zoomorphe est pour cela assez éloquent ; tout droit sorti d’un Jurassic parc d’attractions, l’unique spécimen d’un essor ressort en pleine liberté non provisoire vous contemple : Aéroulibre, cygne de bon augure échappé d’une chevauchée sauvage.

Sur sa route, les beaux châssis et les ailes chromées le conduisent, les roulements de mécaniques le séduisent. Le thème de la sensualité, voir de la sexualité, est capital (puisque vital) dans son oeuvre. Ce qu’il recherche est la beauté des objets et de la femme. La ligne de ses mannequins - filiformes poupées de chiffon, poupées de cuir - bouscule les signes. À l’évidence, il cultive le côté provoc’ en exhibant les formes de l’objet poli pour attirer le client.

L’objet virtuel devient anti-chrétien par excellence, et l’objet trivial se transforme en oeuvre d’art. En voulant érotiser la chose banale, Fred souhaite susciter un désir charnel chez le spectateur, potentiel client ( pour la marchandise ). Ses potiches postiches symbolisent, bon an mal an, l’artiste asservi par le marché Dollar, à la manière d’une catin écoutant la bonne parole de son proxénète. C’est propre, c’est net : tout le travail de Périmon et ses chaussures scandale, sandales censure - sur le trottoir des galeries - sculptées par l’envie. Appât , épate : pieds-beaux cherchent talons aiguilles pour démarche à suivre sous toutes les coutures ; Attention montrer patte blanche !

Bioniques Robocop et Terminator mettent en présence l’homme avec la matière et Fredator abuse de cette syncope. Ses robots au beau rôle exposent ensemble le spirituel et le matériel, le réfléchi et le manuel, l’abstraction et la figuration. Cet homme complet nous déconcerte en composant abstraction avec objets bien réels. La densité du matériau crée la différence, au poids, au poil : une main de fer dans un gant de velours ou quand la froideur se pare d’une peau humaine.

À l’image d’une cyber-génération en devenir, Fred se met à la page - informatique - en combinant des êtres mi-hommes/mi-robots ; dans un espace/temps composé rétroactif, anticipe au participe passé, rétrofuturiste. Ces créations sont un ballet de chair et de sangles accompagné d’une musique douce-amère, une musique mystique à la Dead Can Dance, ressuscitant le mort entrepôt-morfle de sa morne dépouille, et vous invite à la danse ... fripouille !

Des frous-frous des jupes, il dupe son monde, nous éreinte de ses feintes. Cet excès de présence aux fonctions multiples nous embrouille. Certes, il ne sort jamais bredouille de ses pétarades escapades qu’il bidouille, au contraire il sait son don brouille-pistes ( et c’est ce dont il se délecte ). Et si ces Questions à Commentaires Multiples n’aboutissaient à rien sinon à la métaphore de l’instinct primaire et primitif, l’arrondi des stimuli ? Néant, ne serait-ce pas la solution-réponse : Nécessité Erronée de l’Art Nullement Tellurique.

par Sylvain de la Galerie Obsidienne

A LA BIENNALE DES ARTS CONTEMPORAINS :

Au Modern’Art Café,
- 65 Bd de la Croix-Rousse,
- Lyon 4e,
- jusqu’au 3 novembre,
- 04.72.87.06.82.

Photos Laurent Thévenot Photos Fred Périmon
JéM
www.parigones.net
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