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Les Trésors de la Saône
 

La découverte de 3 bateaux du début de notre ère sur le chantier du nouveau parking St Georges à Lyon révèle une nouvelle fois l’importance géostratégique de Lugdunum sous l’Empire Romain.


Ce futur parking souterrain situé au pied de la colline de Fourvière et qui accueillera 700 voitures à partir de 2005, abrite pour le moment des véhicules qui ont moins à voir avec le macadam qu’avec la Saône toute proche.

A l’occasion des fouilles d’urgence réalisées parallèlement au creusement de ce chantier, trois bateaux romains viennent d’être exhumés par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Bien conservés, ces navires à fond plat fabriqués dans un cocktail de chêne et de sapin sont parfaitement alignés sur un axe est-ouest.

Le premier, celui du milieu, a été découvert le 6 octobre. Il mesure environ 15 m de long sur 2,5 m de large. "Comme il fallait se donner de l’espace pour mieux procéder à son dégagement, raconte Grégoire Ayala, le responsable des travaux archéologiques sur le parc Saint-Georges, nous avons ouvert la fouille vers le sud et trouvé le deuxième bateau.

Puis le troisième, juste à côté, en creusant vers le nord. Nous avons alors pris conscience qu’il s’agissait d’une découverte exceptionnelle tant par le nombre de bateaux que par leur âge et leurs dimensions."

"ALÉAS DE MICRO-POLITIQUE"

"L’enjeu de cette fouille consiste à comprendre tous les aménagements, les aléas de cette berge de Saône", explique Grégoire Ayala. Commencée il y a presque un an, la tâche des archéologues s’apparente à une remontée dans le temps. La configuration actuelle de la berge date environ de 1840. A la période précédente, on trouve la mention d’un "port Sablé" sur un document du XVIe siècle, ce qu’a confirmé d’une certaine manière la découverte, au printemps, d’un petit bateau datant de l’époque de Louis XV.

Les marches, les quais de ce port, construits sur des pieux de bois, ont été mis au jour. Pour les époques antérieures, plus aucun document historique ne vient assister les archéologues. "Autour de l’an mille, poursuit Grégoire Ayala, un grand mur de digue traverse le site du nord au sud, bordé de jardins. On a quelques installations ponctuelles au Moyen Age, puis de nouveau un mur de digue du IIIe siècle." Enfin, on arrive aux bateaux, qui datent du Ier ou du IIe siècle de notre ère.

POURQUOI SONT-ILS LA ?

Pour mieux le comprendre, il faut remonter à la fondation de Lyon, en 43 av. J.-C. Elle est le fruit de "deux aléas de micro-politique, explique Jacques Lasfargues, directeur du pôle archéologique du Rhône. D’une part, César vient d’être assassiné l’année précédente, et Rome connaît un vide de pouvoir. Le Sénat ne sait pas comment gérer les affaires. Il est sous la menace des vétérans de la guerre des Gaules, qui sont regroupés dans la plaine du Pô, ont perdu leur général, ont déjà franchi une fois le Rubicon et peuvent faire un coup d’Etat. On va donc les doter de parcelles de terrain dans des colonies fondées de l’autre côté des Alpes".

POURQUOI LYON ?

"Intervient le second aléa, répond Jacques Lasfargues. Les Allobroges se sont soulevés et les Romains se sont exilés dans la région. Plutôt que de mener une nouvelle guerre, on leur propose de s’installer là où ils sont, de fonder une colonie de droit romain avec les soldats."

Capitale de la Gaule lyonnaise, regroupant des administrations pour les trois Gaules ainsi qu’un atelier de frappe de monnaie, accueillant chaque année le rassemblement des représentants des soixante nations gauloises, la ville connaît un essor foudroyant et, au IIe siècle, compte de 30 000 à 50 000 habitants, ce qui en fait la deuxième agglomération de l’empire après Rome. Il s’agit d’un nœud de communications important, centre d’un réseau routier en étoile partant vers Strasbourg, la Manche, Bordeaux, la Narbonnaise et l’Italie, et grand axe fluvial.

"Une trentaine d’inscriptions mentionnent la puissante corporation des nautes, des bateliers, rappelle Jacques Lasfargues. Mais, en face de ces textes, on n’avait quasiment aucun témoignage archéologique. Et là on en a trois d’un coup ! C’est vraiment une découverte capitale. Elle ranime l’histoire de cette partie de la ville que sont les fleuves. La population des bateliers revit. On va pouvoir apprendre quelles étaient les techniques d’abattage, de débitage, de séchage du bois, d’assemblage des navires. Les accidents qu’ont subis les bateaux nous livreront des renseignements sur leur chargement."

COMMENT LES EXTRAIRE ?

En attendant que la science s’empare de ces embarcations, se pose un problème plus urgent : comment les extraire du chantier ? Leur taille et leur masse interdisent de tout sortir d’un bloc. Il est d’ores et déjà envisagé de les couper en morceaux puis de les transporter à Grenoble, où la société Arc-Nucléart, spécialiste de la conservation des bois anciens, s’occupera d’eux.

Gorgés d’eau et privés d’oxygène, les bateaux ont survécu aux siècles sans problème. Mais leur mise à l’air libre nécessite un long traitement si l’on ne veut pas que le bois sèche et tombe en poussière. La solution consiste à remplacer progressivement l’eau contenue dans les fibres par du polyéthylène glycol. Le voyage entre le parking et un musée risque donc de prendre plusieurs années.

Un article tiré de l’excellent site lemonde.fr

Et des Photos mises à disposition par Pascal Pierrain, le grand PhotoGone.

Nico
© Parigones - clabdesign