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Un tour du monde en plein Paris.
 

Tout le monde connait Les Trois Maillets au moins de nom. Mais quels sont les Lyonnais de Paris qui y sont allés ? Sur un plan de Paris, on trouve le lieu dans le 1er arrondissement, rue du Petit Pont, mais c’est sur une mappemonde qu’on devrait le localiser...


Philippines, Sénégal, Brésil, Mexique, Nouvelle-Zélande, Espagne, Maroc, Russie. De minuit à l’aube, les voix et les ondulations corporelles se succèdent sur la petite scène logée au sous-sol.

Arrivé devant le lieu, vous serez la main du propriétaire, maitre des lieux depuis des lustres. Un mélange d’imprésario en tee-shirt noir - veste clair et de Papa gateau. Le sublime entremetteur reliant public et music-hall.

Les chanteurs et chanteuses performent sur scène par session de 5 à 30 minutes suivant les humeurs et les duos qui composent et se décomposent, entrainant le spectateur (qui peut aussi être convive) dans une satiété de plaisirs sonores et visuels. Semblablement admiratif au loup de Tex Avery, il lui est difficile de remonter le maxilaire inférieur tant l’admiration est a son comble.

A notre arrivée le chanteur espagnol égaye l’assemblée de sa voix sensuelle et enjouée. A peine assis (de part et d’autre de la table centrale, vous allez voir plus loin que la position est stratégique), Morea une blonde et "carinesque" chanteuse se saisit du micro et lance un premier air d’amour qui me tire des larmes tant la chaleur de sa voix et des paroles mue la pulpe de son corps en une sorte de diamant aux milles facettes. On a envie de la prendre de ses bras et de la serrer très fort comme une peluche, mais pas une peluche de lit d’enfant, une peluche qui mord dans l’air avec sa hargne d’artiste et son envie de vivre cet art.

Le bonheur est déjà à son comble quand José, genre quintal bourru au regard de bébé, monte sur scène pour former un duo avec Morea et éclabousse le public de sa voix de blues-singer avec un "Que je t’aime" à rendre Johnny jaloux. L’opposition de forme et de timbre de voix entre les deux est tout simplement divine. Ils ont tout deux une tendresse à la fois si éloignée et si proche l’une de l’autre. Pour notre plus grand bonheur, ils nous rejouent "L’ours et la poupée", il semble la protéger, elle semble le sublimer.

Morea laisse ensuite José regagner les anonymes spectateurs et après un air de Madonna, accueille Weuz, sénégalais d’origine, le sourire dans la voix. On se croirait à Taratata. Echanges d’étincelles chantées entre les deux éclatantes voix, échanges de sourires, échanges de pas de danse. Morea tourne autour de son micro, Weuz, rit. Le bonheur est partout.

Puis viennent, la rockeuse Philippine qui dépouille Gloria Gaynor de son désir de survie, en tranfigurant la chanson pour un faire un boulet de canon que sa très très longue chevelure noire mouline dans le ciel de la salle et envoie dans la gueule du public qui en a perdu la sienne, de voix, depuis lontemps. "Ca pulse !" me dit mon voisin. Beaucoup mieux que cela, ça explose, ça se dissémine, ça pénètre par tous les pors de notre peau, on est transpercé comme atomisé par la fougue, le vent d’énergie, les notes expulsées, les arrachements vocaux, les rythmiques corporelles, l’envie de vivre et de performer.

Mais cette magnifique violence de rockeuse, l’artiste nous laisse ensuite rapidement entrevoir sa subtilité et sa poésie par un "Killing me softly", certes plus guerrier que l’original, mais recomposée avec infiniment de sobriété. Et le total charme et la poésie de la guerrière du rock nous recouvrent quand, en se frayant un chemin vers la sortie entre les spectateurs, elle nous sussurre a capella une chanson populaire de son pays. Nous sommes bluffés. Allons finir la soirée en apnée ?

Viennent ensuite, la belle mexicaine de Vera Cruz et ses envolées sud-américaines, Hptisam la danseuse orientale qui transfigure la soirée de nombreux badaux par la sensualité de son corps et de ses parfums.

L’heure a tourné. Là, est le moment qu’à choisit Pedro pour rejoindre les planches, prendre le micro et nous demander si on connaissait la nature du monde chanté par James Brown... Ce monde d’hommes dans lequel une femme va venir cohabiter pendant le temps d’une chanson. Pedro est noir, pas très grand, le crâne bold, des mains que l’on a envie de serrer et une voix profonde de crooner new-orleans. Jessica est la jeune femme, qui danse en illustration depuis de le debut de la soirée et s’est revétue d’une salopette en paillettes. Comme dans les danses précédentes, elle se saisit de la table centrale pour se muer en serpent et dessiner des volupteuses sérénades avec son corps.

Jessica est la femme. Ses hanches nous frolent le visage, ses jambes s’envolent au dessus nos têtes, ses doigts courent sur le bois de la table, ses mains glissent de son corps au ciel. Pedro chante et puis soudain plein d’élan saute sur la table pour venir rejoindre Jessica. Pour un duo, pour une mélée, pour un accouplement artistique au delà du réel. Il est mat, elle est brillante de milles feux. Il est massif, elle est fine. Elle se plie, il se courbe. Elle se faufile, il s’impose. Elle l’adoube de sa jambe quand il lui envoie des baisers vocaux. Il chante, elle danse. Pour lui, pour elle, pour nous.

Dans la journée, nous avons eu la nourriture. Ce soir, nous avons eu droit au caviar.

Ils ne sont pas célèbres, ils ne sont pas people mais ils vivent leur art que ce soit devant 4 ou devant 50 personnes car ils aiment ça. Par choix ? Par erreur de casting ? Par tradition ? Par hasard ? Par amitié ? Peut-être une combinaison de tout cela. Si c’est par manque de "quelquechose", je voudrais bien savoir de quoi.

Le seule chose à leur dire, c’est "Merci". Aux "artistes parfaits" et à l’"entremetteur génial".

JéM
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