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Ludovic Giuly, de Lyon à Barcelone.
 

Ludovic Giuly, 27 ans, footballeur aux accélérations foudroyantes, ancien joueur de l’Olympique Lyonnais est en partance pour l’équipe de Barcelone. Voici le résumé du reportage du journal Libération sur ce Lyonnais de coeur publié le 25 mai.


"Longtemps les journalistes ont demandé à Ludovic Giuly .../... si sa taille modeste (1,64 m) l’empêcherait d’évoluer un jour parmi les grands joueurs des championnats européens. S’il méritait mieux que l’attendrissement un rien condescendant témoigné aux petits qui ont l’audace de disputer les titres, l’argent et la gloire aux balèzes qui font la loi dans le football moderne.

Cette question lui passe désormais au-dessus de la tête : régulièrement cité parmi les meilleurs joueurs de L1, il est devenu aussi le national le mieux payé en France et, à l’image de tous les gros salaires du sport, tousse dès qu’on aborde le sujet.

Les titres s’accumulent et la gloire compte peu pour ce vrai modeste qui comprend et accepte mal l’arrogance de nombre de ses pairs. Mais, surtout, la question n’est pas à la hauteur du bonhomme. Celui qui avoue ses faiblesses se grandit toujours, dit-on : de ce point de vue, Ludovic Giuly est un géant.

S’il ne porte pas ses bobos de l’âme en bandoulière, ce brun très brun ne cache pas quelques blessures ramenées de l’enfance et qui ont tardivement cicatrisé après avoir fait mal tout au long des années d’apprentissage.

« Je n’ai jamais manqué de rien mais enfin j’ai pas connu non plus le superflu. » Ni en cadeaux, rares parce que trop chers, ni en tendresse, abondante mais bloquée sur des mots qu’on ne prononce jamais dans certaines familles.

Il est né à Lyon, a grandi dans une ZUP à Saint-Fons, allait à pied à l’école à Vénissieux et jouait au foot aux Minguettes. Décor : la cité et le ciel de Feyzin enfumé par les raffineries.

Ludovic est beaucoup le fils de Dominique, « Doumé », branche corse de la maison, ancrée depuis plusieurs générations au village de Zalana dominant la plaine orientale de l’île. Doumé a eu des bars-restaurants, des déconvenues financières et une passion insatisfaite pour le foot : successivement gardien amateur à Bastia puis, une fois installé en terre rhodanienne, entraîneur des jeunes de l’Olympique lyonnais.

De ce père aimé autant que craint, Giuly parle librement mais sans jamais lâcher à fond la bride des sentiments : « Il voulait réussir dans le foot et n’y est pas totalement parvenu, il a fait des sacrifices pour que moi j’y arrive. » Il n’ajoute pas « à sa place », mais c’est tout comme : il a donc fallu évoluer sous ce regard exigeant, accepter les jugements tatillons et même, d’après la rumeur, des coups, démentis par le père et le fils.

.../...

Sa carrière a décollé en 1995 grâce à Jean Tigana, alors entraîneur de l’O.L., qui lui donne sa chance en D1 (NDLR : Giuly fait ses débuts dans le petit club du Beaujolais-Mont d’Or, situé à une vingtaine de kilomètres de Lyon). Son talent éclabousse les rencontres, mais à 22 ans, il va tenter sa chance à Monaco, univers irréel, à des années-lumière des rudesses connues entre les HLM des banlieues lyonnaises, mais qui le soulage de l’emprise paternelle. Sur le terrain, tout n’est pas immédiatement parfait : la question de la « place » juste, encore et toujours.

Tigana, qui l’a précédé comme entraîneur sur le Rocher, l’aide. Il se marie.../... Cette première union « officielle » dure à peine sept mois. Il en restera un enfant adoré qui vit avec sa mère à Lyon.

.../...

Quand un arrachement des ligaments du genou le tient éloigné des terrains pendant six mois, ce sont encore les copains ou la famille qui redonnent le moral. Opération à Strasbourg, longue rééducation à Cap-Breton. Les coéquipiers appellent peu ou pas. L’expérience ne le rend pas vraiment cynique mais sans illusions. « C’est comme ça le football maintenant, chacun pour soi, d’ailleurs peut-être me serais-je comporté de la même manière vis-à-vis d’un collègue blessé. »

A presque 28 ans, il se sent d’une autre époque. Revendique des « valeurs ». « Faut prouver avant de réclamer. Aujourd’hui, les mômes veulent tout tout de suite. Les agents leur pourrissent la mentalité. » Ça ne peut plus lui arriver. A Zalana, où il n’a plus le temps ni toujours l’envie de revenir parce que la Corse et ses complexités tordues le fatiguent un peu, il a appris le « respect des anciens ».

S’il assume sans complexe les biens acquis, il conserve des pudeurs d’ancien pauvre. Avoue presque avec gêne la Ferrari, .../... exhibe plus volontiers la Fiat 500. Une partie de ses gains a permis d’acheter des logements pour la famille. Contrairement à certains coéquipiers, il réside .../... à Roquebrune. Avec Virginie. Une fille protectrice.

Sa vie est simple. Sans télé mais avec des tas de DVD. Sans politique mais un engagement de longue durée pour des enfants autistes. « C’est la première association qui m’a demandé de l’aide. Putain, ils ont rien, ça m’a tué. »

Sa vie, dit-il, est au top. Ce qui lui manque ? Le feu follet des stades prend le temps de sa réponse. « Je ne dois pas me tromper dans ce que je vous dis. Alors voilà : je voudrais voir grandir mon gosse, l’emmener à l’école, l’aider à faire ses devoirs, le laver. Je ne veux rien rater avec lui. S’il veut un bonbon, eh bien, il l’aura. » C’est une métaphore bien sûr : Ludovic Giuly est prêt à donner le monde."

(Pour retrouver l’integralité de l’article de Libération, c’est ici)

On l’annonce à Barcelone mais les dirigeants ne se sont pas encore mis d’accord. Partira t-il tenter cette nouvelle expérience ? Selon nos sources, les choses semblent s’accélerer mais rien n’est encore officiel. En attendant, il sera malheureusement privé de Championnat d’Europe des Nations au Portugal avec l’équipe de France en raison d’une déchirure musculaire survenue lors de son dernier match.

Mais, cela ne sera que partie remise car il est devenu un des piliers de l’équipe nationale. Ils paraissent bien loin ces temps dans les Monts d’Or où il était appellé "Super Souris".

JéM
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