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Laurent Mourguet
 

Créateur de Guignol, Laurent Mourguet est né à Lyon en 1769, dans une famille de canuts. Comme les autres ouvriers en soierie, il fréquente les théâtres populaires probablement issus du milieu canut. Il vit dans le Vieux-Lyon que l’industrie de la soie n’a pas encore quitté.


Père au bord de la crise

Le terrible hiver 1789 et ses bouleversements entraînent le chômage et une famine sans précédent. Les riches soyeux lyonnais sont à la tête d’un système où seuls quelques fabricants achètent la soie façonnée. Ils affament sans vergogne tous les tisseurs de la région en imposant leurs tarifs.

Mourguet décide donc de changer de métier pour pouvoir nourrir sa famille. Il sera tour à tour forain, puis marchand de chaussons, marchand, dentiste, artiste, artiste dramatique, marchand d’étoffes, machiniste et journalier. Ce n’est que vers la fin de sa vie qu’il apparaît comme « associé au Caveau des Célestins », puis, sur son acte de décès en 1844 : « Laurent Mourguet, saltimbanque. »

De petits boulots en révélation

Vivant dans la précarité, Mourguet accumule une expérience qui lui servira tout au long de sa carrière de marionnettiste. Ainsi, Guignol sera plus souvent marchand que canut, vendant des petits objets, des baumes, des peignes, des aiguilles et surtout... des picarlats (petits fagots de bois).

Vers 1797, on trouve Mourguet arrachant gratuitement les dents gâtées pour vendre ses drogues à bon prix. Dans la grande tradition de la profession, il attire le client par un spectacle de marionnettes à gaine issues des burattini italiens et bat le tambour pour couvrir les cris de douleur.

Polichinelle

Plus intéressé par le théâtre que par l’art dentaire, il installe en 1804 un castelet rudimentaire où il improvise une partie du spectacle à partir de l’actualité et le reste à partir de thèmes de la Commedia de l’Arte.

L’esprit frondeur et satirique de Guignol était né, bien avant la création du personnage lui-même.

Rencontre de poids

Il s’adjoint alors un amuseur public déjà connu à Lyon, Lambert Grégoire Ladré, dit le Père Thomas, violoniste gaillard à la voix de stentor, expert en calembours et en railleries, avec qui la complicité est totale. Une émulation naît de cette rencontre ; elle marquera à jamais le concept de Guignol. Mais le Père Thomas a la fâcheuse habitude de se « piquer le nez », accusant un penchant notoire pour le beaujolais. Son travail en souffre. Mourguet se fâche et les deux hommes se séparent.

Gnafron vient en premier

La verve du Père Thomas manque à la clientèle. Pour le remplacer, Mourguet imagine une marionnette qui lui ressemble. Il l’affuble d’un chapeau haut-de-forme cabossé, d’un tablier en cuir et d’un nez rouge boursouflé, témoin de son amour exagéré pour le beaujolais.

Marionnette pleine de faconde, de gaîté et de truculence, Gnafron - du lyonnais gnafre, le cordonnier - était conçu. La première et véritable marionnette lyonnaise était née.

Et enfin ... Guignol !

En hiver, Mourguet installe un castelet au rez-de-chaussée de sa maison de la rue Lainerie mais la clientèle est insuffisante.

Il s’enrôle donc à la crèche Brunet. C’est un théâtre lyonnais de tradition où on donne une représentation de la crèche de Noël avec des marionnettes à tringle et à fils. Il y tient le rôle du Père Coquart, personnage plein de bonne humeur qui vient rendre hommage à Jésus.

Dans son idée, un autre personnage doit remplacer Polichinelle et donner la réplique à Gnafron. Il doit s’identifier aux spectateurs, parler de leurs problèmes et de ce qui les touche directement. S’inspirant du personnage du Père Coquard, tant pour le vêtement que pour la gaieté, Mourguet conçoit Guignol.

En 1808, il sculpte une marionnette à son effigie, la face ronde, les yeux malicieux et un sympathique petit nez retroussé. « Une tête si parfaitement réussie, écrit Paul Fournel, qu’elle n’évoluera pratiquement plus ».

Il l’habille comme les canuts de l’époque, d’un habit marron à boutons dorés et d’un nœud papillon rouge, et le coiffe d’un chapeau mou de cuir noir à oreillettes rabattues sur une natte de cheveux enrubannée, le célèbre salsifi, qu’il prononce « sarsifis », un catogan tressé destiné à empêcher les cheveux de se prendre dans les fils du métier à tisser. Il le nomme Guignol.

Un Théâtre de Guignol est officiellement enregistré en 1838, établissant définitivement le nom de Guignol dans le monde de la marionnette et du spectacle.


Un grand merci à l’auteur de ce texte biographique écrit par Gérald Gambier

Vous trouverez plus d’informations dans son livre "Guignol"
- Auteur G. Gambier
- Editeur La Taillanderie Eds De
- Illustration Illustrations couleur
- ISBN 2876292483
- Achetez en ligne Prix 12€


La fiche de la maison d’édition Les Editions la Taillanderie Situées à Châtillon-sur-Chalaronne dans l’Ain, les Editions La Taillanderie ont été crées en septembre 1986 par Gérald Gambier.

PME de cinq personnes, la SARL La Taillanderie se consacre, depuis 2004, à l’édition de livres sur les régions Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté. Agréablement illustré et documenté, chaque ouvrage permet d’acquerir une connaissance patrimoniale, historique et artistique originale et rigoureuse. En 2001, un premier ouvrage national a été publié, l’album Mille et un virages, qui traite de l’ensemble des rallyes des championnats du monde et de France automobile.

La production, en nombre de titres, longtemps stabilisée à 11 titres par an, est depuis 2000 de 20 à 23 titres à l’année.

On trouve les livres des Editions La Taillanderie dans les régions Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté dans tous les niveaux de librairies et les Fnac. Une diffusion nationale est assurée pour une partie des grandes surfaces.

Les Editions la Taillanderie ne travaillent qu’en compte d’éditeur et sont violemment opposées au compte d’auteur.

Jusqu’en 2000, les thèmes de production étaient d’intérêt régional sur les trois régions des commerciaux exclusifs.

La Taillanderie termine sa 18e année avec 220 titres publiés.

Les Editions de la Taillanderie
Rue des Frères Lumière
01400 Chatillon-sur-Chalaronne
Téléphone : 04 74 55 16 59
Fax : 04 74 55 14 27

Portait de Laurent MOURGUET sur les Murs Peints de Lyon (C) Lyon-photos.com
JéM
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