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Suites d’une grande première mondiale
 

Le 13 janvier 2000, était réalisée à Lyon par le professeur Jean-Michel Dubernard et son équipe une grande première mondiale : la greffe des deux mains sur un homme de 36 ans. Cinq ans après, revenons sur le bilan positif dressé par le greffé, Denis Chatelier.


Denis Chatelier, le premier homme à avoir été greffé des deux mains en janvier 2000, a dressé un bilan "très positif" de sa rééducation lors d’une conférence de presse à Lyon. Un constat partagé par son équipe soignante et le professeur Jean-Michel Dubernard, qui avait dirigé l’intervention chirurgicale.

"J’ai l’impression de retrouver l’usage normal de mes mains. Je peux manger avec une fourchette, téléphoner sur mon portable, me raser. Jai peu à peu retrouvé les gestes que j’avais oubliés", a expliqué Denis Chatelier, 36 ans, qui suit aujourd’hui encore deux heures de rééducation quotidienne.

Le Pr Jean-Michel Dubernard a tenu à insister sur "la ténacité, l’énergie et la motivation" de son patient qui, selon lui, ont été "déterminantes". "Denis a progressé bien au-delà de nos espérances", a expliqué le chirurgien lyonnais qui s’est en particulier félicité du non rejet de la peau greffée, "un obstacle que l’on pensait pourtant majeur" .

Lors de la conférence de presse à l’hôpital Edouard-Herriot, le psychiatre qui suit de Denis Chatelier, Gabriel Burloux, a de son côté souligné "la bonne acceptation psychologique de ces mains qui ne lui appartenaient pas". "Il a eu un déclic lorsqu’il a voulu rendre hommage au donneur, c’est à ce moment qu’il a pu réellement s’appoprier ses mains".

Selon le Pr Dubernard, "cette réussite a permis d’ouvrir une porte historique dans le domaine des greffes de tissus composites".

Le chirurgien a d’ailleurs annoncé qu’il espérait pouvoir procéder à une nouvelle double greffe de mains prochainement. "Nous avons un receveur depuis le mois de septembre, mais nous recherchons encore un donneur, ce qui est compliqué", a-t-il dit.

Interrogé sur l’hypothèse des greffes de visages, Jean-Michel Dubernard a déclaré qu’il y était "favorable", "à condition que cette greffe soit demandée par un patient et qu’elle soit soumise à l’approbation d’un comité éthique". "Si une personne, suite à un accident, ne peut plus supporter son visage, on doit pouvoir lui faire une greffe", a-t-il estimé.

Denis Chatelier avait été le premier patient à recevoir une allogreffe des deux mains. Il avait été opéré à Lyon par les équipes du Pr Dubernard et de son confrère australien, le Pr Earl Owen.

Ce peintre en bâtiment, orignaire de Charente-Maritime, avait perdu ses deux mains en 1996 en manipulant une fusée artisanale qu’il fabriquait pour ses neveux. Il portait depuis des prothèses myoélectriques ne lui permettant de réaliser que des gestes simples.

Aujourd’hui, Denis Chatelier aimerait reprendre une activité professionnelle. Il a notamment exprimé le souhait de travailler pour le Parc aux oiseaux de la ville de Rochefort où il réside. Son médecin de famille, Philippe Henry, exclut cependant encore la possibilité de tout emploi exigeant "une certaine force physique".

JéM
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