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Girard Desargues, "géomètre le plus original de son temps"
 

Mathématicien, architecte, personnage influent du monde scientifique dans ce qui fut probablement l’époque la plus florissante des sciences mathématiques en France, Desargues est aussi un personnages mystérieux. Retraçons les étapes de ce lyonnais remarquable.


Girard Desargues, mathématicien lyonnais (né à Lyon le 2 mars 1591, décédé à Paris en septembre 1661). Il est issu d’une famille qui fournit des hommes de lois (juristes, notaires et juges) à Lyon et à Paris depuis plusieurs générations.

Son horoscope résume à merveille sa vie : « La plus belle imagination et qui passe quasi la conception de ceux qui en voient les effets, par les différentes coupes (...), dans sa teste sans rien escrire il a fait une méthode fort aisée des coniques, de la perspective, de la coupe des pierres ». Sa famille est installée rue du Gourgillon.

Avec son frère ils s’installent quai de la Fusterie (à l’angle de ce qui est actuellement la rue Gentil et le Quai Jean Moulin). Ils mènent des opérations commerciales dans la soie. Girard est plus particulièrement en charge des relations avec la Flandre. Pourtant il mène parallèlement et ce depuis 1620 des recherches scientifiques. Sa formation demeure un point très mystérieux. Il a certainement étudié au collège de la Trinité (actuel Lycée Ampère). Pour le reste de ses études, il n’a pas étudié à Lyon, qui, alors n’avait pas le statut de ville universitaire. Il a certainement connu l’arithmétique sur place, étant donné l’usage fort intensif de cette science par les banques installées depuis plus de deux cents ans à Lyon.

En 1625, mû par le désir de connaître les personnalités scientifiques de son temps, il part à Paris avec son ami François Villette. Il connaît Gassendi. Il connaît Descartes au siège de La Rochelle, selon le biographe de Descartes, Adrien Baillet. Il aurait été ingénieur et conseiller du Cardinal de Richelieu et du gouvernement français pour ce qui a été considéré comme le plus grand projet du siècle. Il a participé à un projet de construction de fontaines, mais le projet n’est pas allé au bout. Reconnu pour son impartialité, il tranche un conflit entre Fermat et Descartes sur une question d’optique.

Le Brouillon Project (1639), son ouvrage majeur, constitue pour beaucoup l’acte de naissance de la géométrie projective. L’abondance de termes nouveaux, le système de termes mathématiques dérivés de noms botaniques et le fait de ne pas avoir repris la notation cartésienne constitue autant d’obstacles à sa réception. Il fut publié à cinquante exemplaires, et parmi ses lecteurs on retrouve Descartes, Mersenne, Pascal qui fut son élève, Fermat... Sa biographie se compose aussi du Traité de Perspective (1636) en peinture, de gnomonique (1640). Il a également écrit un ouvrage sur la musique publié dans un recueil de Mersenne le Traité des Harmonies Universelles (1636).

Sa participation à la construction de l’Hôtel de ville (1643-1648) - trop à l’étroit dans ce qui constitue aujourd’hui le musée de l’imprimerie, rue de la Poulaillerie, et construit sur la Place des Terreaux - semble plus importante que le seul escalier à spirale. Il a certainement du participer aux plans. Rappelons que le toit fut reconstruit suite à un incendie (1674) et que la décoration de la mairie est du XIX° siècle.

En 1648, il rentre à Lyon, rue des Trois Maries. Il s’occupe de son vin à Condrieu, le Château-Grillet. Carcavy, lui aussi d’origine lyonnaise, et directeur de l’Académie des sciences ainsi que son élève - et illustrateur - Abraham Bosse le défendent dans les querelles parisiennes. Il meurt à Paris puis est rapatrié à Lyon.

Il s’occupa surtout de la métaphysique de la géométrie et influenca largement Pascal sur le problème de la réalité des êtres mathématiques ainsi que sur les coniques. En géométrie le théorème de Desargues est un théorème fondamental de la géométrie plane. Il ne néglige pas pour autant les applications pratiques (escaliers en spirale, invention d’une ingénieuse nouvelle forme de pompe). Il créa la stéréotomie scientifique (coupe des pierres pour l’architecture) et contribua grandement à l’amélioration de la gnomonique (cadrans et astrolabes).

Personnage influent dans son milieu scientifique, parfois contesté, il demeura méconnu jusqu’au XIXe siècle. Le peu d’éléments biographiques, le halo de mystère autour de ses activités et le peu de ses écrits rendent difficile de le situer dans son temps.

Il suscita pourtant l’intérêt de Leibniz et de Newton. Poncelet (1822) et Chasles (1837) contribueront grandement à le reconnaître. La découverte en 1845 d’une version manuscrite du brouillon projet raviva l’intérêt pour la géométrie projective et l’oeuvre de Desargues fut enfin appréciée à sa juste valeur.


De nos jours l’université de Lyon I, UFR de mathématique porte le nom de Desargues, qui demeure en dépit de son talent indéniable trop méconnu du public. Par ailleurs une rétrospective sur son illustrateur Bosse est actuellement en cours à la BNF.


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