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Les gâte-sauces du Petit Paumé
 

Certains apprentis critiques du joyeux guide lyonnais n’y allaient pas avec le dos de la cuiller au point de donner de l’urticaire à quatre restaurateurs de la place résolus à les poursuivre en justice et à réclamer des sommes gastronomiques.


Toute critique un tant soit peu saignante dans la capitale des " Gueules " constituerait-elle un crime de lèse-majesté ? Il est vrai que d’une manière générale les restaurateurs de la place se sont fort accommodés de " cire-toques " qui trempent plus leur plume dans le miel que dans le vinaigre. Autant dire qu’il n’est pas dans la tradition locale de se voir épingler de surcroît par des étudiants qui n’ont pas pour vocation de postuler au " Pulitzer " du bon goût mais seulement l’ambition de rédiger avec humour des notes qui " sont le reflet (subjectif certes) de ce que peut ressentir un client moyen (vous, nous) en venant manger dans tel restaurant ". C’est ainsi que depuis 1968, le " Petit Paumé " n’a cessé de grandir au point d’être distribué gratuitement en place publique avec un tirage record de plus de 220 000 exemplaires.

Dès lors quelle n’a pas été la stupeur de quatre établissements de s’être vus écorniflés dans la livraison 1999-2000. Si trois d’entre eux ont changé de propriétaires, ils ont fait front commun pour 18 mois après les faits entamer une procédure judiciaire au plan civil sur le fondement de l’article 1382 qui vise d’une manière très large l’atteinte à la réputation. En sollicitant une insertion dans la prochaine édition et dans la presse locale mais aussi en réclamant pour chacun plus de 10 000 euros de dommages et intérêts, les " offensés " comptent laver leur honneur à la grande eau. D’ailleurs Me Laurent Bohé a conduit le combat des chefs avec pugnacité : " on a brisé des réputations commerciales " tout en fixant les limites à la critique : " le Petit Paumé ne saurait exciper qu’il a pour coutume d’être écrit dans un style humoristique et estudiantin alors qu’il dépasse largement en l’espèce un style humoristique en cherchant à ridiculiser le restaurant et à noircir sa réputation ". Certes parler pour cette table du vieux Lyon de " torpillage de papilles et de pilonnage d’estomac " ou pour cette enseigne proche de la place Bellecour d’un " plumeur pour touristes " a de quoi faire monter d’adrénaline chez l’intéressé d’autant que pour Me Bohé : " le Petit Paumé sait faire preuve de professionnalisme puisqu’il est managé par des élèves d’une école de commerce réputée ". Pour sa part, Me Nicolas Bès, en défense, a revendiqué la liberté d’expression en s’interrogeant " où est la ligne jaune dès lors que la couleur satirique de l’ouvrage est clairement affichée ? " Sans trop s’appesantir sur le côté potache et discutable des annotations, il a préféré rester sur le plan du droit. Pour lui l’usage de l’article 1383 du code civil serait insuffisant pour " aliéner une fondamentale qui est celle de la liberté d’expression ". Autrement dit, un véritable débat au pénal sur la loi de 1881 aurait été à son plus adapté. Soucieux de laisser le soufflé des passions retomber, le tribunal a préféré mettre sa décision en délibéré au 12 février prochain. Le temps pour lui d’examiner les requêtes par le menu et éventuellement de présenter l’addition.

Michel Girod

Tout l’article sur leprogres.fr

Le site du Petit Paumé www.lepetitpaume.com

et une fiche d’identité de l’asso sur LyonCampus

Olivier
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