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Deux peintres lyonnaises à Paris
 

Les PariGones ont rencontré deux peintres lyonnaises, Patricia Dussoge et Soÿ, qui ont la particularité, outre d’être de talentueuses artistes, d’exercer leur métier-passion non pas à Lyon mais à Paris. Elles nous livrent leur impressions sur l’exercice de cette passion et de son origine.


PG : Patricia, Soÿ, vous êtes nées à Lyon ?

PATRICIA : A Sainte-Foy-les-Lyon exactement. Je suis venue à Paris dès la fin de mes études mais on reste Lyonnais dans l’âme même quand on se choisit une ville d’adoption. Ma famille et mon frère vivent toujours à Lyon. Mon grand père était Croix-Roussien.

SOŸ : Ma famille est lyonnaise et vit à la Croix-Rousse. J’ai donc passé une grande partie de mon enfance à Lyon.

PG : Comment vous êtes-vous rencontrées ?

SOŸ : Nous nous sommes croisées plusieurs fois lors de vernissages et nous nous sommes mises à discuter d’abord écriture puis peinture. Un peu plus tard, nous nous sommes aperçues que la meilleure amie de fac de Patricia était ma belle-sœur. Le hasard était absolument extraordinaire : nous aurions pu nous rencontrer il y a 20 ans !

PATRICIA : Pour moi, ce fut un retour aux sources !

SOŸ : Patricia, à quel moment de ta vie arrive cette vocation pour la peinture ?

PATRICIA : C’est « la » question récurrente que je me pose toujours ! J’ai été assistante d’un journaliste- écrivain puis agent artistique... Ma première passion était l’écriture. A l’école, le dessin était un cours que je n’appréciais pas du tout, j’avais un rejet pur et simple pour la matière. Le fait de travailler sur des sujets imposés et toujours devoir représenter la réalité était trop « réducteur » et sans aucun intérêt pour moi. Avoir de l’imagination, travailler à l’instinct pour les couleurs ou les techniques, avoir son univers personnel n’était ni encouragé ni concevable. Pourtant, très tôt, j’ai été attirée par « l’abstrait ». Aujourd’hui, avec le recul, je pense que c’est l’accumulation et la force de ces frustrations qui m’ont amenées à m’engager dans la peinture avec violence, frénésie, doutes aussi, mais avec tant de plaisir et d’avidité. Enfin « libre » de donner à voir ce que je perçois dans ma réalité....Je travaille essentiellement l’huile sur de grands formats, expérimente toujours les techniques à la manière d’un chimiste. « L’arbitraire défini » « le chaos organisé » « l’aléatoire ordonné » sont mes axiomes d’or !

PATRICIA : Et toi, Soÿ, quel a été ton cheminement vers la peinture, puis l’écriture ?

SOŸ : Je suis née avec des pinceaux dans les mains. Je dessinais et peignais sur tout ce que j’avais sous la main. J’ai pris mes premiers cours de dessin à l’âge de 5 ans. Aujourd’hui, j’essaie de ne garder que l’essentiel du trait, de traduire les émotions grâce aux couleurs. Ce travail de recherche dans l’abstrait est passionnant : essayer de montrer l’énergie positive au-delà des douleurs, des violences, souvent avec une pointe d’anarchisme, un esthétisme anticonformiste parfois dénonciateur. Ma démarche a pour but d’éveiller la curiosité, d’amener l’autre dans un univers où la toile serait une fenêtre de lumière alors que trop souvent le monde n’affiche que l’ombre d’une souffrance. L’écriture est arrivée vers 9 ans. Je me suis mise à écrire d’abord des textes sous la forme de pensées, puis des histoires plus conséquentes. Je ne m’arrêtais plus, ça partait dans des pages et des pages. J’aime relire ces textes de « petite fille » et j’espère avoir garder la même fraîcheur, la même naïveté dans mes romans. Lorsque j’écris, des images naissent et lorsque je peins, les phrases viennent. L’un appelle l’autre.

PATRICIA : Je ne peux pas dissocier l’un de l’autre non plus. D’ailleurs, il y a souvent des phrases sur mes toiles.

SOŸ : C’est aussi mélangé à la musique. Je peins toujours avec un fond musical. Il n’y a pas de barrière selon moi entre les arts. Ils ouvrent les portes de l’imagination.

PG : De quelle manière travaillez vous ?

PATRICIA : Je travaille toujours dans l’urgence. J’ai une vie de famille ...Je me lève tous les jours à 7 heures du matin et j’essaie de peindre au moins 3 jours par semaine, quand tout le monde est parti, ceci lorsque je prépare une exposition. Mais je casse ce rythme après chaque exposition ; j’ai alors besoin de remettre de l’ordre, de faire le vide. Je ne peins plus parfois pendant un mois. C’est un peu comme entrer dans un sas de décompression, j’ai besoin de me ressourcer parce que la préparation d’une exposition et l’exposition elle-même sont toujours des moments forts et d’effervescence parfois difficile à vivre pour ses proches.. Arrive le temps d’une nouvelle exposition. Recommence alors le travail de réflexion, j’engrange les couleurs, les thèmes, je suis alors en période de « chasse » aux émotions, de sons de mots, de couleurs de matériaux...Après cette phase, la peinture reprend ses droits et je peins à nouveau beaucoup. Il m’est souvent arrivé de finir des toiles la veille de l’accrochage ! Je viens de finir une exposition, je rentre maintenant mentalement dans celles qui sont programmés pour 2006-2007. Le fait que les expositions se programment longtemps à l’avance permette de s’organiser pour tout gérer. Je pense aujourd’hui avoir trouver un juste équilibre entre vie de famille et peinture Même si parfois je cours après le temps....

SOŸ : Je rejoins Patricia sur la notion « d’urgence ». Je travaille chaque jour dans mon atelier. Le matin est réservé à l’écriture, l’après-midi à la peinture. Les toiles viennent s’imprimer devant mes yeux, alors je les accueille et essaie de rester le plus fidèle possible à ces visions. Elles sont tellement nombreuses qu’il m’est souvent arrivée, lors de mes expositions, de ne voir que les toiles absentes, faute de temps. L’un des plus beaux cadeaux reste, je crois, les toiles qui ne reviennent pas, celles qui partent vivre chez d’autres personnes. Je travaille actuellement sur deux séries de toiles, l’une pour une exposition au salon d’art contemporain de Pékin en octobre prochain puis à la biennale de Shanghai en mars 2007 et l’autre pour une exposition à Lille puis à Paris.

PG : Quel est votre rêve ?

PATRICIA : Continuer à peindre, à exposer avec ma famille au centre du cercle de la vie.

SOŸ  : Nous venons toutes les deux d’un univers familial où la créativité artistique n’était pas spécialement favorisée, et encore moins valorisée...

PATRICIA  : Effectivement. C’est pourquoi, j’encourage et mets en valeur la sensibilité artistique de mes enfants, elle se décèle souvent très jeune..

PG : Et toi Soÿ, la plus belle chose qui tu voudrais ?

SOŸ  : Que mon fils me dise un jour : « maman, je suis heureux ». Cela voudra dire qu’il s’est épanoui, qu’il aime la vie et goûte à ses plaisirs.

PATRICIA  : Et ton bonheur à toi, de réalisation personnelle ?

SOŸ  : Ce n’est pas d’être reconnue, mais plutôt d’arriver à un niveau qui me permettrait de transmettre, d’aider, de donner. Je ne comprends pas que les gens puissent être fermés, sur un piédestal ou alors ouvert mais sous condition. Aider, tendre la main, la gratuité de l’aide. Je pense que nous peignons toutes les deux pour montrer le côté positif de la vie, des êtres.

PATRICIA  : Je suis d’accord et les plus belles rencontres sont toujours avec des personnes « altruistes » et « généreuses ».

PG  : Une conclusion ?

PATRICIA  : Que nous nous sommes bien trouvées, toutes les deux !

SOŸ  : Dans l’éducation nationale, l’art est une récréation. S’il était accompagné d’une visite de musées, d’interventions d’artistes, d’explications sur des techniques... cela aiderait les enfants à s’exprimer, cela permettrait aussi de professionnaliser l’art.

PATRICIA  : Faire passer auprès des enfants le message : « Fais ce que tu as envie de faire, ce que tu ressens ; créer avec tout ce que tu as autour de toi, expérimente, ne te bride pas, ne sois ni consensuel ni conventionnel ».

SOY  : La meilleure illustration de ceci sera peut-être le projet que nous avons toutes les deux, avec la complicité d’une amie photographe : un hommage à Jean-Michel Basquiat. La première exposition aura lieu à Paris en septembre 2006, puis débutera une « tournée » en Europe.

PG  : Merci à vous deux, Patricia et Soÿ.

JéM
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