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Le plus gros coeur Lyonnais nous a quitté
 

L’Abbé Pierre était né à Lyon il y a maintenant 95 ans et cet homme exceptionnel était devenu le lyonnais le plus connu en France par l’immensité de sa bonté et de son humilité. Cet homme à l’aspect fragile aura mené de multiples combats pour tenter de sortir les plus pauvres et les plus humbles de leur désarroi et de leur infortune, notamment au travers de la création de l’association Emmaüs au lendemain de la seconde guerre mondiale.


Henri Grouès est né le 5 août 1912 dans une famille aisée et pieuse de soyeux lyonnais, originaire, du côté paternel, de la vallée de l’Ubaye (dans les Alpes), et de la région de Tarare (Rhône) du côté maternel. Il est le troisième de sept enfants. Il passe son enfance à Irigny, près de Lyon. À 12 ans, il accompagne son père à la confrérie séculaire des Hospitaliers Veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs barbiers pour les pauvres. À 16 ans, il veut se faire franciscain, mais devra attendre 17 ans et demi.

En 1931, entre chez les capucins et prononce les voeux. En religion, Henri Grouès devient frère Philippe. En 1932, il entre au cloître au couvent de Crest. Il est ordonné prêtre en 1938. En avril 1939, il devient vicaire à Grenoble.

Il est mobilisé comme sous-officier dans le train des équipages, en décembre 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Selon certains écrits le concernantréf. nécessaire, il aurait été impliqué dans l’aide aux Juifs pourchassés par les nazis : « En juillet 1942, deux juifs pourchassés lui demandent de l’aide. Il découvre alors les persécutions, s’engage immédiatement et apprend à faire de faux papiers. Dès août 1942, il commence à faire passer des juifs en Suisse. » Cependant, ces affirmations n’ont pas été corroborées par des témoignages authentifiés.

Il participe à la création de maquis dans le Vercors et la Chartreuse. Il aide les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Il prend le nom d’Abbé Pierre dans la clandestinité. En 1944, il passe en Espagne puis rejoint Charles de Gaulle à Alger. Il deviendra une figure importante de la Résistance.

Après la guerre, il est député de Meurthe-et-Moselle aux deux Assemblées nationales constituantes (1945-1946), comme indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP), puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951, où il siège au groupe MRP.

En 1947, il est vice-président de la Confédération mondiale, mouvement fédéraliste universel. Avec Albert Camus et André Gide, il fonde le comité de soutien à Garry Davis, citoyen du monde.

Il fonde en 1949 l’association Emmaüs (en référence à un épisode des évangiles) vouée à l’aide aux déshérités, et particulièrement aux sans-abris. Il commence ainsi dès 1950 par la communauté d’Emmaüs Neuilly-Plaisance. Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériels et d’objets de récupération et construisent des logements. C’est une organisation laïque.

Sportif, il n’hésitera pas à faire des plongeons spectaculaires pour attirer l’attention du public et des médias. En 1952, il participera au jeu « Quitte ou double » pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 254 000 francs.

L’abbé Pierre acquiert sa notoriété à partir du très froid hiver de 1954, meurtrier pour les sans-abris pour une « insurrection de la bonté ». « Il y a 50 ans, tous sortaient à peine des atrocités de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits historiques comme celui-là. »

Il lance le 1er février 1954 un appel sur les antennes de Radio-Luxembourg (RTL) : « Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous en prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France, merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 5000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse, ne couchera ce soir sur l’asphalte ou les quais de Paris. Merci. » Le lendemain, la presse titra sur « l’insurrection de la bonté ». L’appel rapportera 500 millions de francs en dons.

En 2005, dans son livre Mon Dieu… pourquoi ?, rédigé avec Frédéric Lenoir, il déclare qu’il a eu des relations sexuelles alors qu’il était tenu par son vœu de chasteté. Aucune de ses relations n’a duré, car il était tiraillé entre son désir et son vœu de célibat. À ce sujet, il se prononce pour une réforme de la doctrine de l’Église en faveur de l’ordination des hommes mariés. Et ne comprend pas l’opposition de Jean-Paul II et de Benoît XVI, l’ordination des hommes mariés étant autorisée par l’Église dans certains rites orientaux. En outre, il voit dans cette autorisation un moyen de lutter contre la pénurie de nouveaux membres de l’Église.

Il se prononce également pour l’ordination des femmes et ne s’oppose pas à l’homoparentalité, à condition que les enfants ne subissent aucun préjudice psychologique ou social. Il explique notamment son opinion sur le fait « qu’un modèle parental classique n’est pas nécessairement gage de bonheur et d’équilibre pour l’enfant », mais il se déclare contre le mariage gay et préfère y substituer une « alliance » homosexuelle. Car selon lui, le mariage homosexuel « créerait un traumatisme et une déstabilisation sociale forte ».

L’abbé Pierre est mort tôt ce matin (5 h 25 heure locale), le lundi 22 janvier 2007, à l’hôpital du Val de Grâce à Paris, des suites d’une infection pulmonaire. Il était âgé de 94 ans.

JéM
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